Archives pour la catégorie Littérature



Clarice Lispector – La passion selon GH – Extraits

… Je cherche, je ne cesse de chercher, d’essayer de comprendre. J’essaie de donner ce que j’ai vécu et je ne sais pas à qui, mais ce que j’ai vécu, je ne veux pas le garder pour moi. Je ne sais qu’en faire, j’ai peur de cette désorganisation profonde. je me méfie de ce qui m’est arrivé. Il m’est arrivé une chose que peut-être, faute de savoir comment la vivre, j’ai vécu comme étant une autre ? Si j’arrivais à appeler tout cela désorganisation, j’aurais la sécurité nécessaire pour m’aventurer, parce que je saurais ensuite où revenir : à l’organisation primitive. et je préfère appeler tout cela désorganisation parce que je ne veux ni reconnaître ce que j’ai vécu ni m’y reconnaître – cette reconnaissance entraînerait pour moi la perte du monde tel que je l’avais et je sais que je ne suis pas douée pour un autre.[...] J’ai perdu une chose qui était essentielle pour moi et qui désormais, ne l’est plus. Elle ne m’est plus nécessaire, tout comme si j’avais perdu une troisième jambe qui jusqu’alors me rendait la marche impossible mais faisait de moi un socle stable. J’ai perdu cette troisième jambe. et je suis redevenue ce que je n’avais jamais été. J’ai retrouvé ce que je n’avais jamais eu : rien que deux jambes; je sais que c’est avec deux jambes seulement que je peux marcher. Mais l’absence de cette troisième jambe inutile me manque et m’effraie, c’est cette jambe-là qui faisait de moi une chose sur laquelle je pouvais compter sans même avoir besoin de m’en inquiéter. Je suis désorganisée parce que j’ai perdu ce dont je n’avais pas besoin ?  Dans cette lâcheté que je me découvre – la lâcheté est ce qui m’est arrivé de plus nouveau, c’est ma plus grande aventure, ma lâcheté est un espace si vaste que seul un grand courage me permet de l’accepter…

Le Chat Zen – Kwong Kuen Shan

Le Chat Zen - Kwong Kuen Shan dans Littérature 97822610

L’ami qui te connait vraiment est toujours à tes côtés. Proverbe chinois tiré du livre, merci pour ce joli cadeau !

 

Prochaines lectures… Clarice Lispector

Prochaines lectures... Clarice Lispector dans Littérature 12168110claric10 dans Littérature

 

« nous avons été donnés à nous-mêmes comme échantillon de ce dont le monde est capable… ne pas vouloir est la façon la plus désespérée de vouloir… amuser les autres est une des façons les plus émouvantes d’exister…  »

 

 

 

Jean Claude Ameisen – La Sculpture du Vivant

Nous sommes chacun une nébuleuse vivante, un peuple hétérogène de milliards de cellules, dont les interactions engendrent notre corps et notre esprit. Aujourd’hui, nous savons que toutes ces cellules ont le pouvoir de s’autodétruire en quelques heures. Et leur survie dépend, jour après jour, de leur capacité à percevoir les signaux qui empêchent leur suicide. Cette fragilité même, et l’interdépendance qu’elle fait naître, est source d’une formidable puissance, permettant à notre corps de se reconstruire en permanence. A l’image ancienne de la mort comme une faucheuse brutale se surimpose une image radicalement nouvelle, celle d’un sculpteur au cœur du vivant, faisant émerger sa forme et sa complexité.

Son site sur son livre “La Sculpture du vivant”

http://lasculptureduvivant.free.fr/

Et sur Youtube…

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La pluie d’été – M. Duras – Extraits

L’instituteur : Alors on refuse de s’instruire, Monsieur ?

Ernesto regarde longuement l’instituteur avant de répondre. Ah, la douceur d’Ernesto…

Ernesto : Non, ce n’est pas ça Monsieur. On refuse d’aller à l’école, Monsieur.

L’instituteur : Pourquoi ?

Ernesto : Disons parce que c’est pas la peine.

L’instituteur : Pas la peine de quoi ?

Ernesto : D’aller à l’école. (temps). Ça sert à rien. (temps). Les enfants à l’école, ils sont abandonnés. La mère elle met les enfants à l’école pour qu’ils apprennent qu’ils sont abandonnés. Comme ça elle en est débarrassée pour le reste de sa vie.

Poursuivre la lecture ‘La pluie d’été – M. Duras – Extraits’

Ultimes paroles – William Burroughs

Quel regard William portait-il sur la vieillesse ? Pendant de nombreuses années, son principal personnage littéraire récurrent, « Kim/Audrey », avait offert une version de lui-même pubère et adolescent, mais quand il atteignit l’âge de soixante-dix ans, ses nouvelles oeuvres présentaient une série de protagonistes d’âge mûr ou plus avancé….

Kim n’a jamais douté de la possibilité d’une vie après la mort ni de l’existence de dieux. En fait, il a l’intention de devenir un dieu, de se fendre un chemin vers l’immortalité, d’inventer son chemin, d’écrire son chemin. Kim considère que l’immortalité est le seul but qui mérite qu’on lutte pour l’atteindre.

Dans Voies mortes, penchant entre ses deux personnages – Kim, l’adolescent amoral, tenace et insupportablement radieux, et un nouveau personnage d’âge mûr, Joe le Mort, réduit par les nombreuses vies qu’il a vécues à un état de dessèchement morbide, Burroughs s’accroche au point de vue de Kim, malgré le fossé qui se creuse entre l’âge de ce dernier et le sien : Don Juan cite trois obstacles ou étapes : la Peur… le pouvoir… et la Vieillesse.

kim frissonnait en pensant aux vieillards : le jus de tabac qui bave au coin de la bouche, les heures furtives  passées aux toilettes à susurrer devant son caca… Les seuls vieillards supportables étaient les vieillards malfaisants, comme le Viel Homme de la Montagne…

Alors Kim se divise en de nombreux personnages…. Il espère accomplir une percée avant d’avoir à affronter le terrible obstacle de la vieillesse….

Kim se fit tuer au cours d’une fusillade… à  la dernière page des Voies mortes… tué par un mystérieux tireur embusqué…. Vers le début des Terres occidentales, le dernier livre de la trilogie de la Nuit écarlate, l’auteur révèle qui l’a abattu, c’est Joe le Mort, un personnage énigmatique des Voies mortes, à qui Kim avait sauvé la vie…. Voici l’explication de Burroughs sur les motivations de Joe et sa condition existentielle : Joe comprenait Kim si bien qu’il pouvait se permettre de s’en passer, comme d’une partie de lui-même à présent dépourvue de pertinence ou d’utilité. Il comprenait la tentative de Kim pour transcender sa structure physique, à laquelle il ne pouvait se résigner, en adoptant une attitude d’une perfection inhumaine et glaciale, qu’il gardait au prix de douloureux efforts et poussait à un niveau insupportable, Joe optait donc pour le refus de l’attitude, au profit d’une pureté de la fonction qui ne pouvait être maintenue que grâce à la pression d’objectifs meurtriers… Cette douleur continuelle est une sanction imposée par la Nature, dont il défie les lois en restant en vie. Le seul lien qui rattache Joe à la vie, c’est l’amour qu’il voue à certains animaux. (Les chats)

Ce passage nous offre un instantané précis de Burroughs âgé, vivant seul entouré de ses chats et repensant à sa vie. L’adolescent « Kim » a fini par succomber aux personnages en qui il s’était démultiplié, représentants de l’auteur vieillissant. (Introduction du livre par James Grauerholz, 1999)

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Patti Smith & Robert Mapplethorpe

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Nos différences sociales, si exaspérantes fussent-elles, se teintaient d’amour et d’humour. Au final, nous avions plus de points communs que de différences et nous nous attirions comme des aimants, si large fût la faille. Nous essuyions toutes les tempêtes; grandes ou anecdotiques, avec la même vigueur. A mes yeux, nos destins étaient irréprochablement liés, comme ceux de Paul et Elisabeth, le frère et la soeur des enfants terribles de Cocteau. Nous jouions à des jeux identiques, décrétions l’objet le plus obscur un trésor, et déconcertions souvent nos amis et nos relations par notre dévotion indéfinissable l’un envers l’autre.

Il s’était fait conspuer pour avoir nié son homosexualité; on nous avait accusé de ne pas être un vrai couple. En reconnaissant son homosexualité au grand jour il craignait que notre relation ne soit détruite.

Nous avions besoin de temps pour éclaircir la signification de tout cela, trouver une façon de l’assumer et de redéfinir le nom de notre amour. Il m’avait appris que la contradiction est souvent la voie la plus évidente vers la vérité. (Just Kids – Patti Smith)

Lu cet été…

Just Kids – Patti Smith

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Andy Warhol – Ma philosophie de A à B

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Jim Harrison – La femme aux lucioles

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Joyces Carol Oates – Au commencement était la vie

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Joyce Carol Oates – Les Femelles

Nancy huston – Cantique des plaines

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Lectures d’été suite…

William James – Expérience d’un Psychiste

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William Burroughs – Ultimes paroles

9782267015676FS dans Littérature

Walter de la Mare – Miniature ou les mémoires de miss M.

9782909906683

 

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Tout oublier. Ouvrir la fenêtre. Vider la chambre. Elle est traversée par le vent. On ne voit que le vide, on cherche dans tous les coins et l'on ne se trouve pas. F KafKa

Auteur:

athisha

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«On n'est peut-être pas fait pour un seul moi.» «On n'est pas seul dans sa peau.» «La jeunesse, c'est quand on ne sait pas ce qui va arriver.» «Je cherche un être à envahir.» On veut trop être quelqu'un.» «Il cherche la jeunesse à mesure qu'il vieillit. Il l'espérait. Il l'attend encore. Mais il va bientôt mourir.» Henri Michaux

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