Archives pour la catégorie Littérature



Emily Dickinson – Ecrivain (Extraits)

Emily Dickinson - Ecrivain (Extraits) dans Littérature 76552_fr_emilydicki

Je me dis : la Terre est brêve –
     L’Angoisse – absolue –
     Nombreux les meurtris,
     Et puis après ?
     Je me dis : on pourrait mourir –
     La Meilleure Vitalité
     Ne peut surpasser la Pourriture,
     Et puis après ?

     Je me dis qu’au Ciel, d’une façon
     Il y aura compensation –
     Don, d’une nouvelle équation –
     Et puis après ?
   
     J’essayais d’imaginer Solitude pire
     Qu’aucune jamais vue –
     Une Expiation Polaire – un Présage dans l’Os
     De l’atrocement proche Mort –

     Je fouillais l’Irrécupérable
     Pour emprunter – mon Double –
     Un Réconfort Éperdu sourd

     De l’idée que Quelque Part –
     À Portée de Pensée –
     Demeure une autre Créature
     De l’Amour Céleste – oubliée –

     Je grattais à notre Paroi
     Comme On doit scruter les Murs –
     Entre un Jumeau de l’Horreur –et Soi –
     Dans des Cellules Contiguës –

     Je parvins presque à étreindre sa Main,
     Ce devint – une telle Volupté –
     Que tout comme de Lui – j’avais pitié –
     Peut-être avait-il – pitié de moi –

Sombre printemps – Unica Zürn – Extrait

Sombre printemps - Unica Zürn - Extrait dans Littérature s_b82101c7c8416be11ef9a692527a522e

« Dans la journée, il lui faut aller à l’école. Il y a un professeur qu’elle aime et qui la préfère aux autres filles parce que c’est elle qui fait les meilleurs rédactions.  Cela rend les autres jalouses.

Il lit aux élèves d’une voix harmonieuse des poèmes lyriques ou dramatiques. Le bruit court qu’il a été comédien avant d’être professeur. Il porte une crinière blonde, déjà grisonnante, il a un nez aquilin et des yeux de chat, verts et lumineux. Il s’habille avec élégance et il a une façon particulière de traîner sur les mots et de rouler les r. Cela lui donne un genre étranger et tout ce qui est étranger enthousiasme les petites filles. Elle est amoureuse de lui comme beaucoup de ses compagnes de classe. Il la surprend parfois posant sur lui un regard de tendresse non dissimulée. Il est marié. Sa femme est une de ses anciennes élèves. A midi, elle vient le chercher à l »école. Après quelques temps son ventre grossit et avance d’une manière effrayante. Les filles savent qu’elle attend un enfant et ne peuvent détourner leur regard du pantalon du professeur. Elles sont fascinées par ce fait que leur maître bien-aimé, qui comptait jusqu’alors parmi les êtres élus et irréels, se soit approché de sa femme pour lui faire un enfant, pas autrement que leur propre père. Elles lui en veulent. Il dégringole brutalement du piédestal où elles l’avaient élevé comme un dieu et devient un personnage banal… »

 

La poésie est une forme de résistance – Action poétique

Il faut être un peu fou aujourd’hui pour continuer à publier de la poésie. Si beaucoup de gens en écrivent, c’est une banalité de dire que, en France du moins, et plus généralement dans les sociétés dominées par l’idéologie de la libre entreprise, très peu de gens en lisent.Je ne peux m’empêcher de penser que ce rejet est un indice: la poésie demande au moi profond de se confronter à celui de l’autre, ce que la fiction romanesque qui se réfugie derrière une trame linéaire, une « fausse histoire vraie », empêche. Or les sociétés de « libre entreprise » exacerbent l’individualisme, le « moi je ». Si on écrit de la poésie comme une forme d’auto-contemplation, en lire obligerait à se déprendre du moi pour s’affronter à la variété infinie des êtres. Trop difficile…

D’une façon générale, la poésie comme toute littérature exigeante, qui refuse la complaisance commerciale, tend ainsi à disparaître. Il est d’autant plus urgent de refuser cette situation.

 le N° 185 d’Action Poétique…

 

Camille Claudel Montdevergues – 1929

 

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Unica Zürn – Peintre – Ecrivain

Sombre Printemps – L’Homme Jasmin (mes prochaines lectures)

André Pieyre de Mandiargues qui préface l’édition française de L’Homme-Jasmin écrit

Tromper la vie est un jeu bien plus aventureux que tous les jeux de trompe-la-mort. Y a-t-il quelque raison, indépendante de la fonction sexuelle, pour qu’en ces extrémités nous chérissions les joueuses de préférence aux joueurs ? Je ne sais. Mais un geste pareil à celui d’Unica Zürn, qui jeta son passeport, à un certain moment de son existence, dans une boîte aux lettres, ne prend pour moi toute sa valeur, je l’avoue, et ne m’enchante ou ne me bouleverse absolument que s’il est exécuté par une main de femme. L’Homme Jasmin offre avec surabondance des traits et des gestes de ce genre-là, que je ne citerai pas, car il suffit d’une référence. Le double d’Unica Zürn, dans le tain du miroir où elle se remémore, nous emmène plus loin, plus bas, plus haut que ne fit aucune héroïne de roman.

Tout comme Vacances à Maison BlancheL’Homme Jasmin, évoque parmi divers épisodes autobiographiques, les séjours dans des établissements psychiatriques (Sous-titre : Impressions d’une malade mentale). J’y relève :

« Croyez-vous en votre guérison ? » lui a demandé un psychiatre de Sainte-Anne. Et avec un certain plaisir, elle a répondu : « Non ».

Il y a dans l’évolution de la maladie d’Unica comme une « fonction-Bartleby » qui est à la fois sa souffrance et l’aiguillon de sa création, avec des recherches comme les anagrammes , ou la fascination pour les chiffres.

Etonnantes descriptions, récits parfois drôlatiques, questionnement aigu de la folie, évocation des hallucinations, mais aussi lucidité sans complaisance se rencontrent à parts égales dans les derniers écrits réunis autour de Vacances à Maison Blanche tel le « Cahier Crécy ».

La chambre est calme et sombre – elle attend – elle sait que d’autres choses vont encore arriver. Elle est dans un état extraordinaire – tout devient possible. Voilà ! Une ravissante petite machine à coudre plane dans l’air à un mètre au-dessus de sa tête. C’est un vieux modèle, de ceux qu’elle connaît depuis son enfance – mais cette machine est en couleurs : noir, or, rouge. Beaucoup de rouge même ! Les petites roues tournent sans bruit, l’aiguille picore de-ci de-là comme le bec d’un oiseau. La bobine de fil blanc tourne. Cette machine coud sans qu’on puisse voir la main humaine ou le pied qui la met en mouvement.
Et maintenant elle saisit le sens de cette image. Une phrase qu’elle a lue il y a longtemps dans un poème et qu’elle n’a pas oubliée lui revient en mémoire, parce qu’elle crée une atmosphère – comme celle d’un autre monde :
« Quelqu’un coud ! Est-ce toi ?

 Ronald Klapka

Unica Zürn - Peintre - Ecrivain dans Littérature arton1966unica-zurn-1965.1170802117 dans Peinturemedium_Bellmer_par_Zurn

Henri Michaux : La plume du peintre

Notre première rencontre date de là. Je ne parle pas un mot de français. Michaux pas un mot de chinois. On se comprend très bien. Notre langage commun, c’était la peinture. »
                                   Zao Wou-Ki

Henri Michaux : La plume du peintre dans LittératureHenri Michaux a toujours été intéressé par la peinture qu’il ne pouvait pas réellement dissocier de l’écriture. L’un allait avec l’autre. L’un éclairait l’autre. Dès 1939, il publie un recueil de ses poèmes accompagnés de ses dessins.

Sa rencontre avec la peinture fut pour lui un choc créateur « Quand je vis la première exposition de tableaux de Paul Klee, j’en revins, je me souviens, voûté d’un grand silence ». Paul Klee, Max Ernst, Giorgio Chirico et Salvador Dali lui ont ouvert un monde qu’il ne connaissait encore pas. Il s’y engouffra. A corps perdu. Pour rapprocher son art du plus profond de son être, il essaya même les drogues, dont la mescaline. On en a retiré les mescaliniens, sortes de rêves pleins ou de songes creux, où les lignes et les traits se mélangent ou se côtoient avec une poésie toute naturelle.

Dès son enfance, il a été fasciné par l’écriture et la calligraphie chinoise. Cette empreinte est restée dans toutes ses œuvres. Comment ne pas penser à cette influence quand on voit ses encres, ses mouvements ou ses estampes ? Les mouvements semblent précisément des caractères chinois que l’on aurait libérés de leur carcan. Libres, ils nous parlent directement, ils dansent pour nous les signes de l’écriture.

« Signes
 non de toit, de tunique ou de palais
 non d’archives et de dictionnaire du savoir
 mais de torsion, de violence, de bouscule-ment
 mais d’envie cinétique »
                (Mouvements)

michaux3 dans Peinturemichauxh

Melissa Bank – Manuel de chasse et de pêche à l’usage des filles et Prochain arrêt le Paradis

Je viens de lire deux livres de cet auteur l’un après l’autre. Melissa Bank décrit d’une plume élégante un quotidien réaliste, banal qui pourrait ennuyer mais qui pourtant se lit facilement sans ennui justement. Rien de littéraire dans tout cela, juste le « journal » de la vie d’une femme américaine bien rangée de la middle class, rien de spectaculaire ici, seulement le récit d’une existence attachante ou rien ne se passe vraiment, c’est là où réside l’intérêt que j’ai pris à cette lecture  car quoi de plus difficile que de décrire une vie où rien n’arrive finalement où tout est contenu dans la sobriété et l’équilibre  !

«  Melissa Bank écrit avec une douce ironie. Sophie, son héroïne, a des malheurs. De petits malheurs invisibles, comme tant de femmes habituées à jouer les figurantes. A l’école, déjà, on lui volait méchamment la vedette et, plus tard, à l’université, elle devra rester sur la touche en partageant des piaules à bon marché avec des copines qui la condamnent à faire tapisserie. «Je suis un gâteau solitaire oublié dans le moule», dira-t-elle, avant de recenser par le menu les discrets naufrages de sa vie riquiqui… »

Melissa Bank - Manuel de chasse et de pêche à l'usage des filles et Prochain arrêt le Paradis dans Littérature 9782743604202

Article sur Picasso écrit par Jung en 1932

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Bleu presque tranparent – Murakami Ryû

_ Lili, tu as déjà fait des balades en voiture, non ? Tu sais, comme quand on met des heures pour aller jusqu’au bord de la mer, ou jusqu’à un volcan et qu’on part tôt le matin ? On a les yeux qui font mal, et plus tard, on boit du thé à la gourde en route, dans un joli coin, et à midi on mange des boulettes de riz, assis dans un pré, tu vois quoi ? Une de ces balades comme on en a tous fait.

« Tu es dans la bagnole et tu penses à des tas de choses, c’est bien ça, non ? En partant de la maison ce matin, pas moyen de mettre la main sur le filtre de l’appareil photo ; qu’est-ce que j’ai pu en foutre ?  Et cette actrice à la télé, hier, comment s’appelle-t-elle, déjà ? Merde, j’ai un lacet qui va craquer. J’ai une de ces trouilles qu’on ait un accident ! Je me demande si j’ai fini ou non ma croissance… » Des tas d’idées comme ça quoi. Et toutes ces pensées qui te passent par la tête se superposent aux paysages que tu vois filer le long de la voiture. »Les maison, les champs, se rapprochent lentement et puis glissent et disparaissent comme s’ils tombaient derrière toi, pas vrai ?  Et tout ce théâtre se mélange à ce que tu as dans la tête. Les gens qui attendent à un arrêt d’autobus ; un type bien habillé qui titube, complètement soûl ; une vieille femme qui pousse une charrette croulant sous les mandarines ; des champs de fleurs ; des ports ; des centrales électriques… Tout ça t’arrive dessus et s’évanouit aussi vite que c’est venu, tant et si bien que ça se mêle avec les pensées précédentes – tu comprends ce que je veux dire ? Le filtre à photo, les champs de fleurs, les centrales électriques, tout ça s’assemble. Et ensuite moi, je malaxe à ma guise, je mélange lentement les choses que je vois et celles que je pense. Ca prend longtemps ; ça suppose que j’aille chercher au fond de ma mémoire des rêves, des livres que j’ai lus, des souvenirs, pour en faire une photo, oui ! c’est ça, une sorte de scène de genre photo-souvenir. « Et morceau par morceau j’y incorpore au fur et à mesure les paysages nouveaux qui surviennent à chaque instant, et à la fin la photo est pleine de gens qui parlent, chantent, bougent, tu me suis ? Alors, chaque fois c’est comme un énorme palais, c’est ça, oui, ça fait comme un énorme palais dans la tête, avec des foules de gens qui se retrouvent, se rassemblent et font toutes sortes de trucs.

Et après, je n’ai plus qu’à achever le palais et à regarder à l’intérieur. Et c’est follement amusant…

Bleu presque transparent – Murakami Ryû

 Bleu presque tranparent - Murakami Ryû dans Littérature beupresquetransparent8au

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Tout oublier. Ouvrir la fenêtre. Vider la chambre. Elle est traversée par le vent. On ne voit que le vide, on cherche dans tous les coins et l'on ne se trouve pas. F KafKa

Auteur:

athisha

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