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Archives pour 17 avril, 2010

André Breton – L’Amour fou

Le 10 avril 1934, en pleine occultation de Vénus par la lune (ce phénomène ne devait se produire qu’une seule fois dans l’année), je déjeunais dans un petit restaurant situé assez désagréablement à côté d’un cimetière. Il faut, pour s’y rendre, passer sans enthousiasme devant plusieurs étalages de fleurs. Mais j’observais, n’ayant rien de mieux à faire, la vie charmante de ce lieu. Le soir le patron « qui fait cuisine » regagne son domicile à motocyclette. Les ouvriers semblent faire honneur à la nourriture. Le plongeur, vraiment très beau, d’aspect très intelligent, discute de choses apparemment sérieuses avec les clients. La servante est assez jolie : poétique plutôt.
Le 10 avril 1934, elle portait, sur un col blanc à pois espacés rouge fort en harmonie avec sa robe noire une très fine chaîne retenant trois gouttes claires, gouttes rondes sur lesquelles se détachait à la base un croissant de même substance pareillement serti. J’appréciai une fois de plus, infiniment, la coïncidence de ce bijou et de cette éclipse. Comme je cherchais à situer cette jeune femme, en la circonstance si bien inspirée, la voix du plongeur : « Ici, l’Ondine » et la réponse exquise, enfantine, à peine soupirée, parfaite : « Ah ! Oui, on le fait ici, l’on dîne ! » Est-il plus touchante scène ? Je me le demandais hier encore, en écoutant les artistes de l’atelier massacrer une pièce de John Ford.
La beauté convulsive sera érotique-voilée, explosante-fixe, magique-circonstancielle ou ne sera pas.

A Jamais…

Qui  a été, est, et sera  vraiment là pour moi et…

A Jamais…

Pourquoi cette impression là… 

Encore et…

Parfois et peut-être… 

A Jamais…

Pourtant c’est alors qu’extrêmement meurtrie,

Je garde encore ce corps,

Vieilli et flétri…

Plus que jamais…

Car toi tu m’as quitté et…

Ne sachant plus rien de la vie, de la mort,

Je renais encore dans cette âme ce matin…

Où le soleil peut-être brille plus que d’ordinaire et…

Respirant l’air frais qui me fait vivre,

Et me tue chaque jour un peu plus…

Pourquoi le doute s’insinue t-il toujours en moi encore et…

A jamais…

Tu sais… être seule mais sans le savoir,

Et comment le croire,

A Jamais…

 

 


Tout oublier. Ouvrir la fenêtre. Vider la chambre. Elle est traversée par le vent. On ne voit que le vide, on cherche dans tous les coins et l'on ne se trouve pas. F KafKa

Auteur:

athisha

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