Rilke – Sans Domicile Fixe – Olympia Alberti – Extrait

« Car vois-tu je suis un étranger et un pauvre. Et je ne fais que passer : mais il faut que tes mains recueillent tout ce qui aurait pu devenir ma patrie, si j’avais été plus fort. » Lettre à Lou (Lou Andreas-Salomé)

Rainer Maria Rilke est un exilé sur la terre : c’est en lui que vit l’île intérieure où il ne cessera de se réfugier, sa vie durant.

Se considérant comme un nomade, un passant qui doit traverser un certain nombre de jours terrestres avant d’atteindre le lieu qui conviendra à son âme, Rilke deviendra la figure emblématique du poète sans patrie, heimatlos, qui n’a de terre que dans la langue de l’écriture, et d’amour que dans la passion que lui inspire une langue (telle son attirance pour la langue russe), il sera le symbole de l’errant.

Comment aimer le monde, au fond, quand on ne peut s’aimer soi-même, quand l’usage de l’amour est si périlleux que le poète ne fait que parler d’accomplir le sentiment suprême dans la solitude ? … Sans jamais rencontrer ce qu’il cherche – parce que ce qu’il veut atteindre et étreindre n’est autre chose que lui-même, et au coeur de lui-même, un espace intime – une maison intérieure – qui l’aide à devenir un être d’amour, un créateur de vie.

Rilke - Sans Domicile Fixe - Olympia Alberti - Extrait dans Littérature rainer10

Tous les enfants disent « ma maison ». il semble que Rilke n’ait jamais proféré ces mots de réassurement et de source : là où la vie lui donne une origine, c’est trouble, flou, une manière de détachement par le déchirement, sans doute par le douloureux apprentissage d’une lente détestation.

« Quand je pense à notre maison, où personne ne vit plus aujourd’hui, je crois que les choses jadis ne devait pas se passer de la sorte. on savait autrefois (ou peut-être le pressentait-on) qu’on contenait sa mort à l’intérieur de soi-même, comme un fruit son noyau. »

2 commentaires à “Rilke – Sans Domicile Fixe – Olympia Alberti – Extrait”


  1. 0 Maxime 20 fév 2009 à 17:08

    « L’artiste, c’est l’éternité qui pénètre d’en haut les jours » R M Rilke.

    Répondre

  2. 1 hyeronimus 21 fév 2009 à 8:59

    Rilke il est comme Damiel l’ange des « ailes du désir » qui a décidé de goûter à la condition humaine.

    Dernière publication sur L'art n'est pas un mensonge : David Bowie - The Next Day

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