Edward Steichen – Photographe

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The Pond Moonlight : La photo la plus cher du monde.

Edward Steichen (1879-1973) a pris la photo à Mamaroneck près de la maison d’un de ses amis, le critique d’art, Charles Caffin. La photo représente une zone boisée et un étang : la lumière de la lune apparaît entre les arbres et se reflète dans l’étang. Bien que le premier procédé couleur, l’autochrome, n’apparaisse qu’en 1907, Steichen réussit à créer une impression colorée en utilisant des couches de gommes sensibles à la lumière qu’il applique à la main. En 1904, bien peu de photographes utilisent cette technique expérimentale. Seuls trois exemplaires de cette photo sont connus (deux sont dans des musées) et comme l’usage des gommes est manuel, chaque exemplaire est unique.

Eduard Jean Steichen nait au Luxembourg en 1879 et n’a que 18 mois lorsque sa famille émigre aux Etats-Unis, dans la ville de Milwaukee. Il développe très tôt des talents artistiques : attiré d’abord par la peinture, discipline qu’il pratiquera pendant toute une partie de sa vie, c’est finalement vers la photographie qu’il se tourne. Il achète son premier appareil photo à l’âge de 16 ans et malgré la réticence de son père envers cet attrait, sa carrière démarre : à 21 ans, il vend trois clichés à la revue « Camera Notes » et devient citoyen américain sous le nom d’Edward Steichen.

Après avoir participé à la fondation du mouvement « Photo-Secession » érigé contre l’académisme photographique, Steichen se rend à Paris en 1906. Il va y expérimenter les dernières nouveautés techniques et faire la rencontre de Manet, Renoir, Matisse, Toulouse-Lautrec, Picasso, Rodin et Brancusi : il immortalisera la plupart d’entre eux à travers une série de portraits. La guerre éclate en 1914 et Steichen rentre à New-York. Il est nommé en 1917 responsable de l’équipement photographique de l’armée de l’air américaine.

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Autoportrait avec pinceau et palette, 1901.

La carrière de Steichen connait deux périodes successives. Jusqu’à la fin de la Première Guerre Mondiale, les photographies de Steichen répondent aux volontés du mouvement pictorialiste, qui souscrit à l’idée selon laquelle l’art photographique doit simuler la peinture. A cette époque, nombreux sont ceux qui considèrent que seule l’adhésion aux principes du Pictorialisme peut permettre au procédé technique et chimique qu’est la photographie d’acquérir une véritable valeur artistique. Les thèmes même qu’il aborde s’inscrivent dans cette logique : il privilégie le Nu, le portrait et l’autoportrait, la nature-morte ou encore le paysage. Ainsi, le sublime « Autoportrait avec pinceau et palette » de 1901 s’inspire directement de la peinture « L’Homme au gant » du Titien. Même la technique de tirage (gélatino-bromure d’argent) employée par Steichen sème le trouble puisque le produit révélateur est appliqué au pinceau.

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Après la Première Guerre Mondiale, Steichen se tourne vers une photographie résolument moderniste. Son passage par l’armée et les photographies prises d’avion des zones dévastées l’amènent vers un art plus précis et objectif dans lequel la composition et le rythme des lignes prennent de plus en plus d’importance. Son amour pour la géométrie et le rythme de la construction de l’espace est aussi visible dans les photographies urbaines de New-York que dans les portraits de danseuses contemporaines. Steichen met en scène ses modèles dans des poses audacieuses et maitrisées et l’intensité de ses clichés résulte entre autres de l’utilisation du dynamisme de la diagonale.

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La société de consommation n’en est qu’à ses balbutiements mais Steichen s’y immerge très rapidement. Il réalise dès les années 1920-1930 des campagnes publicitaires pour des briquets ou des produits de beauté dans lesquelles la créativité et le talent de l’artiste sont évidents. En cela, on peut le considérer comme un précurseur de l’esprit du Pop Art et de la démarche d’Andy Warhol. Que ce soit dans les magazines de mode (Vogue) ou les magazines « people » (Vanity Fair, Life), ses portraits de stars (Greta Garbo, Katherine Hepburn, Fred Astaire, Charlie Chaplin…) et de mannequins, habillés par les plus grands créateurs, connaissent un immense succès.

steichen_dentelle-19c90 Gloria Swanson

Helene Ginestet (Edward Steichen, un photographe à la croisée des genres.)

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