Karen Blixen – Ecrivain

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Karen Blixen est née le 17 avril 1885 à Rungstedlund, dans une famille aristocratique ayant des goûts littéraires prononcés. Son père, le capitaine, Wilhelm Dinesen, est écrivain et parlementaire.

Le 28 mars 1895, Wilhem Dinesen se suicide par pendaison à Copenhague. Karen dessine et écrit des poèmes, des pièces de théâtre et des histoires. Voulant devenir peintre elle suit des cours à l’école des Beaux-Arts à Copenhague. En août 1907, sous le pseudonyme d’Osceola, elle publie sa première nouvelle, Les Deux Solitaires, dans la revue littéraire Tilskueren.

Elle épouse en 1914 son cousin suédois, le baron Blixen-Finecke, qui décide d’acquérir une ferme et une plantation de café près de Nairobi. Ce qu’elle écrit sur l’Afrique commence à prendre forme et deviendra son ouvrage le plus connu, La Ferme africaine (1937). Il sera adapté au cinéma par Sidney Pollack avec le film Out of Africa.

Peu de temps après son mariage, Karen est atteinte de syphilis. En 1915, elle retourne au Danemark où elle sera hospitalisée pendant trois mois. L’année suivante, de retour en Afrique, le couple s’installe dans une nouvelle ferme. Le baron s’avère incapable de s’occuper de l’exploitation agricole.

De 1919 à 1921, Karen séjourne au Danemark. Elle divorce en 1925, et gère seule la plantation.

Karen songe de nouveau à écrire et commence les premières ébauches des Sept contes gothiques.

La crise mondiale aggrave les difficultés économiques de la plantation. Karen doit vendre sa ferme en 1931. En 1934, son recueil, Sept contes gothiques publié sous le pseudonyme d’Isak Dinesen. Elle écrit la Ferme africaine qui paraît en 1937 et connaît un succès mondial.

Depuis quelques années, Karen Blixen, est assaillie par des douleurs de plus en plus violentes. Elle décide de subir une opération de la colonne vertébrale. En 1951, elle part à Rome et en Grèce. Cinq ans plus tard elle subit une nouvelle opération.

Karen Blixen meurt le 7 septembre 1962 à Rungstedlund. Sa nouvelle posthume Ehrengard est publiée l’année suivante.

Sous divers pseudonymes, écrivant soit en anglais, soit en danois, Karen Blixen est l’auteur d’une oeuvre marquée souvent par une imagination fantastique et baroque.

  • 1934 : Sept contes gothiques
  • 1937 : La Ferme africaine
  • 1942 : Contes d’hiver
  • 1944 : Les Voies de la vengeance (publié sous le pseudonyme Pierre Andrézel)
  • 1957 : Nouveaux contes d’hiver
  • 1958 : Anecdotes du destin, dont Le Dîner de Babette
  • 1961 : Ombres sur la prairie
  • 1963 : Ehrengard
  • 1977 : Les Chevaux fantômes et autres contes
  • 1981 : Lettres d’Afrique : 1914 – 1931
  • 1996 : Lettres du Danemark : 1931 – 1962
  • Le dîner de Babette – Extrait 

    Babette, la cuisinière des deux filles du pasteur, a invité les villageois à un festin inouï. La règle du jeu est qu’on ne parle pas des mets servis.

    Lorsque le démon familier aux cheveux roux ouvrit la porte de la salle à manger, et que les invités pénétrèrent lentement dans la pièce, leurs mains se quittèrent, et ils gardèrent un profond silence. Mais ce silence était doux et sympathique, car, par la pensée, ils se tenaient toujours par la main et chantaient encore. Babette avait posé un des chandeliers au milieu de la table. Les petites flammes éclairaient les complets et les robes noires, ainsi que l’uniforme écarlate du général. Elles se reflétaient aussi dans les yeux humides de la confrérie. A leur lumière, le général Löwenhielm vit le visage de Martine, comme il l’avait vu lors de son départ, trente ans plus tôt.

    Trente ans passés à Berlewaag avaient marqué ces traits. Les cheveux d’or étaient maintenant striés d’argent. Le visage, pareil à une fleur, avait lentement pris la teinte de l’albâtre; mais que le front était resté pur! Quelle quiétude rayonnait dans les yeux! Que ces yeux inspiraient confiance! Que le dessin de ces lèvres était suave, comme si jamais elles n’avaient prononcé une parole de colère!

    Lorsque tout le monde fut assis, un des membres de la communauté, le plus ancien, rendit grâces, en récitant le verset composé par le pasteur lui-même:

    Puisse ce repas maintenir la force de mon corps,
    Puisse mon corps soutenir les forces de mon âme,
    Puisse mon âme, en actes et en paroles,
    Louer le Seigneur pour tous ses bienfaits !

    Au mot du «repas», les invités inclinèrent leur tête sur leurs mains jointes, se rappelant qu’ils avaient promis de ne pas dire un mot concernant la nourriture, et ils renouvelèrent cette promesse dans leur cœur. Ils n’accorderaient même pas une pensée à ce qu’on leur servirait.

    Ils étaient installés autour d’une table servie… Eh bien! n’avait-on pas fait de même aux Noces de Cana? Et la Grâce avait choisi de se manifester à ces noces, dans le vin même, plus abondante que jamais.

    «Le familier» de Babette remplit les verres. Les hôtes les portèrent gravement à leurs lèvres pour confirmer leur résolution. Le général Löwenhielm, qui se méfiait un peu de ce vin, en prit une gorgée, s’arrêta, éleva son verre jusqu’à son nez, puis jusqu’à ses yeux: il était stupéfait. «Ceci est fort étrange, pensa-t-il, voilà de l’amontillado, et le meilleur amontillado que j’aie dégusté de ma vie.»

    Un peu plus tard, pour se remettre de sa surprise, il prit une cuillerée de potage, en prit une seconde, puis il déposa sa cuiller. «Etrange! De plus en plus étrange! murmura-t-il, car il est évident que je mange un potage à la tortue, et quel potage!» Pris d’une sorte de curieuse panique, le général vida son verre.

                                                            68659_2 dans Littérature

     Le festin de babette Scénario: G. Axel, d’après la nouvelle de Karen Blixen avec Stéphane Audran

    Martine et Filippa, deux filles de pasteur, ont été amoureuses, dans leur jeunesse, celle-ci d’un chanteur français (Achille Papin), celle-là d’un officier (Lorenz). Mais elles se sont sacrifiées pour cette petite communauté luthérienne du Jutland à laquelle elles se dévouent. En 1871, Babette, une française qui fuit la répression de la Commune, entre au service des deux soeurs. Ayant gagné à la loterie, elle offre à la communauté « un vrai repas français », engloutissant sa fortune. Le passé ressurgit alors avec ses émotions, intactes et précieuses… 

    Un véritable joyau, un enchantement sans fausse note. Une histoire très belle et très simple qui permet à son auteur de jeter un regard attendri sur tout un groupe de personnages hors du monde.

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