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Archives pour 18 mai, 2008

Unica Zürn – Peintre – Ecrivain

Sombre Printemps – L’Homme Jasmin (mes prochaines lectures)

André Pieyre de Mandiargues qui préface l’édition française de L’Homme-Jasmin écrit

Tromper la vie est un jeu bien plus aventureux que tous les jeux de trompe-la-mort. Y a-t-il quelque raison, indépendante de la fonction sexuelle, pour qu’en ces extrémités nous chérissions les joueuses de préférence aux joueurs ? Je ne sais. Mais un geste pareil à celui d’Unica Zürn, qui jeta son passeport, à un certain moment de son existence, dans une boîte aux lettres, ne prend pour moi toute sa valeur, je l’avoue, et ne m’enchante ou ne me bouleverse absolument que s’il est exécuté par une main de femme. L’Homme Jasmin offre avec surabondance des traits et des gestes de ce genre-là, que je ne citerai pas, car il suffit d’une référence. Le double d’Unica Zürn, dans le tain du miroir où elle se remémore, nous emmène plus loin, plus bas, plus haut que ne fit aucune héroïne de roman.

Tout comme Vacances à Maison BlancheL’Homme Jasmin, évoque parmi divers épisodes autobiographiques, les séjours dans des établissements psychiatriques (Sous-titre : Impressions d’une malade mentale). J’y relève :

« Croyez-vous en votre guérison ? » lui a demandé un psychiatre de Sainte-Anne. Et avec un certain plaisir, elle a répondu : « Non ».

Il y a dans l’évolution de la maladie d’Unica comme une « fonction-Bartleby » qui est à la fois sa souffrance et l’aiguillon de sa création, avec des recherches comme les anagrammes , ou la fascination pour les chiffres.

Etonnantes descriptions, récits parfois drôlatiques, questionnement aigu de la folie, évocation des hallucinations, mais aussi lucidité sans complaisance se rencontrent à parts égales dans les derniers écrits réunis autour de Vacances à Maison Blanche tel le « Cahier Crécy ».

La chambre est calme et sombre – elle attend – elle sait que d’autres choses vont encore arriver. Elle est dans un état extraordinaire – tout devient possible. Voilà ! Une ravissante petite machine à coudre plane dans l’air à un mètre au-dessus de sa tête. C’est un vieux modèle, de ceux qu’elle connaît depuis son enfance – mais cette machine est en couleurs : noir, or, rouge. Beaucoup de rouge même ! Les petites roues tournent sans bruit, l’aiguille picore de-ci de-là comme le bec d’un oiseau. La bobine de fil blanc tourne. Cette machine coud sans qu’on puisse voir la main humaine ou le pied qui la met en mouvement.
Et maintenant elle saisit le sens de cette image. Une phrase qu’elle a lue il y a longtemps dans un poème et qu’elle n’a pas oubliée lui revient en mémoire, parce qu’elle crée une atmosphère – comme celle d’un autre monde :
« Quelqu’un coud ! Est-ce toi ?

 Ronald Klapka

Unica Zürn - Peintre - Ecrivain dans Littérature arton1966unica-zurn-1965.1170802117 dans Peinturemedium_Bellmer_par_Zurn

Mettre de l’ordre

A quoi me sert ce blog et les autres ?

A quoi me sert d’écrire, de dessiner, de peindre ?

C’est toujours là présent en moi, depuis que je sais tenir un crayon, un besoin impérieux de noter beaucoup, partout, tous les jours, par divers moyens…

C’est peut-être simplement le besoin de mettre de l’ordre en moi, dans la profusion confuse de mon esprit, parce que c’est une souffrance cette profusion, comme une longue phrase qui n’aurait pas de point final, ni d’idée suivie et qu’il est impossible de  lire et surtout de comprendre !

Henri Michaux : La plume du peintre

Notre première rencontre date de là. Je ne parle pas un mot de français. Michaux pas un mot de chinois. On se comprend très bien. Notre langage commun, c’était la peinture. »
                                   Zao Wou-Ki

Henri Michaux : La plume du peintre dans LittératureHenri Michaux a toujours été intéressé par la peinture qu’il ne pouvait pas réellement dissocier de l’écriture. L’un allait avec l’autre. L’un éclairait l’autre. Dès 1939, il publie un recueil de ses poèmes accompagnés de ses dessins.

Sa rencontre avec la peinture fut pour lui un choc créateur « Quand je vis la première exposition de tableaux de Paul Klee, j’en revins, je me souviens, voûté d’un grand silence ». Paul Klee, Max Ernst, Giorgio Chirico et Salvador Dali lui ont ouvert un monde qu’il ne connaissait encore pas. Il s’y engouffra. A corps perdu. Pour rapprocher son art du plus profond de son être, il essaya même les drogues, dont la mescaline. On en a retiré les mescaliniens, sortes de rêves pleins ou de songes creux, où les lignes et les traits se mélangent ou se côtoient avec une poésie toute naturelle.

Dès son enfance, il a été fasciné par l’écriture et la calligraphie chinoise. Cette empreinte est restée dans toutes ses œuvres. Comment ne pas penser à cette influence quand on voit ses encres, ses mouvements ou ses estampes ? Les mouvements semblent précisément des caractères chinois que l’on aurait libérés de leur carcan. Libres, ils nous parlent directement, ils dansent pour nous les signes de l’écriture.

« Signes
 non de toit, de tunique ou de palais
 non d’archives et de dictionnaire du savoir
 mais de torsion, de violence, de bouscule-ment
 mais d’envie cinétique »
                (Mouvements)

michaux3 dans Peinturemichauxh

«Je cherche un être à envahir.» Henri Michaux

Melissa Bank – Manuel de chasse et de pêche à l’usage des filles et Prochain arrêt le Paradis

Je viens de lire deux livres de cet auteur l’un après l’autre. Melissa Bank décrit d’une plume élégante un quotidien réaliste, banal qui pourrait ennuyer mais qui pourtant se lit facilement sans ennui justement. Rien de littéraire dans tout cela, juste le « journal » de la vie d’une femme américaine bien rangée de la middle class, rien de spectaculaire ici, seulement le récit d’une existence attachante ou rien ne se passe vraiment, c’est là où réside l’intérêt que j’ai pris à cette lecture  car quoi de plus difficile que de décrire une vie où rien n’arrive finalement où tout est contenu dans la sobriété et l’équilibre  !

«  Melissa Bank écrit avec une douce ironie. Sophie, son héroïne, a des malheurs. De petits malheurs invisibles, comme tant de femmes habituées à jouer les figurantes. A l’école, déjà, on lui volait méchamment la vedette et, plus tard, à l’université, elle devra rester sur la touche en partageant des piaules à bon marché avec des copines qui la condamnent à faire tapisserie. «Je suis un gâteau solitaire oublié dans le moule», dira-t-elle, avant de recenser par le menu les discrets naufrages de sa vie riquiqui… »

Melissa Bank - Manuel de chasse et de pêche à l'usage des filles et Prochain arrêt le Paradis dans Littérature 9782743604202

Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage. H Michaux

snapshot20080423164912.jpgA quoi pensent les autres ? qu’aiment-ils ? les blogs sont-ils le reflet de ce qu’ils sont vraiment ? qu’ils soient jeunes ou vieux, il est rare que je me retrouve dans l’un d’eux… Et j’ignore toujours si cela me fait de la peine ou m’isole bien plus, à moins que cela me plaise…

 


Tout oublier. Ouvrir la fenêtre. Vider la chambre. Elle est traversée par le vent. On ne voit que le vide, on cherche dans tous les coins et l'on ne se trouve pas. F KafKa

Auteur:

athisha

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J’adore !

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«On n'est peut-être pas fait pour un seul moi.» «On n'est pas seul dans sa peau.» «La jeunesse, c'est quand on ne sait pas ce qui va arriver.» «Je cherche un être à envahir.» On veut trop être quelqu'un.» «Il cherche la jeunesse à mesure qu'il vieillit. Il l'espérait. Il l'attend encore. Mais il va bientôt mourir.» Henri Michaux

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