J’fais tout d’travers, j’suis dyslexique…

C’est quoi la dyslexie ? … Voilà une petite tentative d’explication ?  car oui « J’fais tout d’travers et j’suis dyslexique »… En fait je devrais vous demander à vous qui ne l’êtes pas… ben c’est quoi de ne pas être dyslexique ? …et oui,  je vis avec depuis toujours et j’ignore donc  ce que c’est que d’avoir une pensée bien en ordre ! …  et puis maintenant je pense aussi que vous serez plus indulgents avec mes « fotes d’ortaugrafe et de fransais hein ! » lol !… les inversions de sens, de lettres, je corrige en principe, c’est facile par écrit de le faire ! …. sans blagues cela me demande de gros efforts et plus de temps que la moyenne hein,  avec vérifications constantes de beaucoup de mots, du sens qu’ils ont etc… ! lol !  A part ça comme par miracle j’ai su lire avant d’entrer en CP, j’étais en avance sur les autres et je m’ennuyais dans cette classe d’apprentissage !  je pense que j’avais dû développer d’autres sens pour capter les mots qui me fascinaient car j’adorais les livres et les histoires !

Le mot «dyslexie» peut être décomposé en deux parties : « dys » signifiant difficulté et « lexia », lexique, langue. Ainsi les dyslexiques ont des difficultés avec les mots. Les théories actuelles donnent à penser que ce n’est pas un problème visuel, mais de décodage du mot, ou un déficit de la reconnaissance.
Notre capacité à reconnaître des mots doit être basée sur deux « compétences mnésiques » légèrement différentes – mémoire phonétique et mémoire lexicale. Les dyslexiques peuvent avoir une bonne mémoire phonétique – comme en témoigne leur tendance à épeler beaucoup de mots phonétiquement – mais une très mauvaise mémoire lexicale.
Avez-vous déjà fait des mots croisés, pensé que vous aviez la réponse à l’une des définitions, mais pas pu tout à fait vous souvenir de l’orthographie ? Il y a des chances que vous ayez griffonné sur un morceau de papier pour voir quelle version semblait correcte. Votre mémoire lexicale entrait en action.
Maintenant, imaginez que vous n’avez pas eu cette compétence de reconnaissance de la construction des mots. Chaque mot écrit que vous rencontreriez pourrait poser un nouveau défi et vous auriez du mal à le décoder à partir de zéro à chaque fois.
Il devrait être facile de voir pourquoi des outils tels que les vérificateurs d’orthographe et les dictionnaires ne sont pas d’une grande utilité à un dyslexique. Il y a de fortes chances qu’il / elle ne peut pas reconnaître l’ »orthographe correcte », même quand elle leur est présentée.

La dyslexie ne concerne pas que la lecture ?

Non. Une certaine confusion vient du fait que le terme «dyslexie» est souvent utilisé simultanément pour désigner une difficulté de lecture et un groupe de difficultés d’apprentissage, dont la lecture parmi elles.
Par exemple, une personne peut souffrir de dysgraphie (écriture), dysorthographie (orthographe) et dyscalculie (chiffres), ainsi que de communs problèmes de mémoire à court terme, mais être capable de lire assez bien. Mais ils vont probablement être «catalogués», et se penser eux-mêmes, comme dyslexiques ayant des difficultés d’apprentissage qui sont propres aux symboles écrits d’un type ou d’un autre.
Il n’y a pas deux dyslexiques qui manifestent leur trouble de la même manière. Cela peut affecter de la même manière les garçons et les filles, dans toutes les classes socio-économiques du monde entier.
La
British Dyslexia Association, BDA, définit la dyslexie comme :

« Une combinaison des capacités et des difficultés qui affectent le processus d’apprentissage dans un ou plusieurs domaines, la lecture, l’orthographe et l’écriture.
D’autres faiblesses peuvent être identifiées dans les secteurs de la vitesse du traitement, la mémoire à court terme, l’ordonnancement et l’organisation, la perception auditive et / ou visuelle, la langue parlée et les habiletés motrices. Elle est particulièrement liée à la maîtrise et l’utilisation de la langue écrite, qui peut inclure la notation alphabétique, numérique et de musicale ». British Dyslexia Association

La dyslexie n’est pas une maladie et ne peut être guérie – même si les stratégies peuvent être élaborées pour y travailler. Il s’agit d’une condition de vie et il vaut probablement mieux l’envisager comme une forme particulière de circuits du cerveau.

La plupart des dyslexiques manifeste une dizaine des signes et des comportements listés ci-dessous. Ces caractéristiques peuvent varier d’un jour à l’autre et même d’une minute à l’autre. Le paradoxe des dyslexiques est la cohérence au sein de leurs incohérences.
 
Général

  • Apparemment brillant, intelligence supérieure à la moyenne, s’exprimant bien à l’oral, mais incapable de lire, d’écrire ou d’orthographier au niveau de sa classe.  
  • Etiqueté paresseux, sot, peu soigneux, immature, « manque de travail » ou « problème de comportement ».  
  • N’est pas suffisemment en difficulté pour justifier d’une prise en charge.  
  • Bon QI mais échoue aux évaluations en classe. Réussit mieux à l’oral qu’à l’écrit.  
  • Se croit bête. A peu d’estime de soi. Dissimule ses faiblesses grâce à des stratégies de compensation ingénieuses. Niveau de frustration et de stress élevé face à la lecture et aux contrôles.  
  • Doué pour les arts, le théatre, la musique, les sports, la mécanique, l’art du conte, le business, les affaires, le design, la construction ou les métiers d’ingénieur.  
  • Se disperse et rêve souvent. Se perd facilement et n’a pas la notion du temps qui passe.  
  • A du mal à soutenir son attention. Peut paraître hyperactif ou absent.  
  • Apprend plus facilement à travers la manipulation, les démonstrations, l’expérimentation, l’observation et les supports visuels.  

Vision, lecture et orthographe.

  • Se plaint de vertige, de mal de tête ou de mal de ventre lorsqu’il lit.  
  • Désorienté par les lettres, les chiffres, les mots, les séquences ou les explications orales.  
  • Lorqu’il lit ou écrit, fait des répétitions, des substitutions, des omissions, des additions, des transpositions et des inversions de lettres, de chiffres et/ou de mots.  
  • Se plaint de ressentir ou de voir des mouvements non existants lorsqu’il lit ou écrit.  
  • Donne l’impression d’avoir des problèmes de vision non confirmés par un bilan ophtalmologique.  
  • Excellente vue et très observateur ou alors manque de vision binoculaire et de vision périphérique.  
  • Lit et relit en ayant du mal à comprendre.  
  • Orthographe phonétique et incohérente.  

Audition et langage.

  • Hypersensibilité auditive. Entend des choses qui n’ont pas été dites ou non perçues par les autres. Facilement distrait par les bruits.  
  • Difficulté à formuler ses pensées. S’exprime avec des phrases télescopiques. Ne termine pas ses phrases. Bégaie lorsqu’il est sous pression. A du mal à prononcer les mots complexes, mélange les phrases, les mots et les syllabes lorsqu’il parle.

Graphisme et motricité.

  • A du mal à écrire ou à copier. Tenue du crayon inhabituelle. Ecriture irrégulière ou illisible.  
  • Maladroit, mal coordonné, peu habile aux jeux de ballon ou aux sports d’équipe. Difficultés dans les tâches de motricité fine ou grosse. Sujet au mal des transports.  
  • Peut être ambidextre et confond souvent la droite et la gauche, au dessus et au dessous.  

Maths et gestion du temps.

  • A du mal à lire l’heure, à gérer son temps, à intégrer l’information ou les tâches séquentielles, à être à l’heure.  
  • Pour compter, a encore besoin de ses doigts ou d’autres « accessoires ». Connaît la réponse mais ne sait pas la présenter par écrit.  
  • Sait compter mais a du mal à compter les objets et à compter l’argent.  
  • Est bon en arithmétique mais en difficulté avec les problèmes. Bloque au niveau de l’algèbre et des niveaux mathématiques supérieurs.  

Mémoire et cognition.

  • Excellente mémoire à long terme pour les expériences personnelles, les lieux et les visages.  
  • Mémoire faible pour les séquences, les faits et les informations qui n’ont pas été expérimentées personnellement.  
  • Pense essentiellement en images et en ressenti et non en sons et en mots (peu de dialogue interne).  

Comportement, santé, développement et personnalité.

  • Extrèmement désordonné ou alors maniaque de l’ordre.  
  • Peut-être le bouffon de la classe, le fauteur de trouble ou alors trop discrêt.  
  • A été précoce ou, au contraire, en retard dans les étapes de son développement (marcher à quatre pattes, marcher, parler, faire ses lacets…).  
  • Sujet aux otites, aux allergies.  
  • Peut être un gros dormeur ou, au contraire, avoir le sommeil léger. Enurésie.  
  • Seuil de tolérance à la douleur particulièrement élevé ou faible.  
  • Un sens élevé de la justice. Très sensible. Perfectioniste.  
  • Les erreurs et les symptomes augmentent de façon significative sous la pression de l’incertitude, du temps, du stress ou de la fatigue.

25 commentaires à “J’fais tout d’travers, j’suis dyslexique…”


  1. 0 wildy lapointe 24 août 2008 à 9:06

    Je suis aussi dyslexique. Je crois que cela à ruiné ma vie.Vos propos sont pertinents et je m’y reconnaît.Êtes-vous surpris que je puisse écrire? C’est que pour pallier à ma dyslexie j’ai lu avec entêtement pour m’en sortir.Malheureusement en faire autant pour vaincre cette difficulté et obtenir des résultats à un âge tardif, m’a empêché de faire autres choses. « N’est pas suffisemment en difficulté pour justifier d’une prise en charge ». Oui c’est effectivement là le problème. Étant donné qu’une aide en orthophonie avant l’entrée scolaire aurait enrayé le problème. La dyslexie étant hériditaire, c’est ainsi que j’ai aidé un de mes enfants au prise avec ce problème.

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  2. 1 athisha 24 août 2008 à 14:00

    Merci de votre témoignage, non je ne suis pas surprise que vous puissiez écrire, j’écris beaucoup moi-même, je suis lente, avec vérification constante de tout, ce qui souvent me fait perdre patience, et même me fait reculer devant la tâche à accomplir, mais j’aime trop les mots, la lecture, ça m’a fait avancer, mais pas assez non plus pour aller plus loin dans mes études, je me suis orientée vers le dessin. Oui c’est héréditaire, 2 de mes enfants sont comme moi, dont un qui en a beaucoup souffert et a laissé tomber ses études après 2 passages du Bac S, malgré une aide de 5 ans d’orthophonie. Il en était venu à détester les études, à ne plus avoir confiance en lui.
    Mais j’aime voir aujourd’hui dans cette différence, un plus, j’aime positiver cet état et y dénicher d’autres sens, d’autres raisonnements…
    Bon courage à vous !

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  3. 2 choupinette 2 nov 2008 à 14:28

    je suis très reconnaissante de vos efforts!
    Actuellement je suis en étude de chimie mais dans une de mes matières, un des mes professeur me demande de rédiger un dossier sur un sujet libre! J’ai choisi la dyslexie mais j’aimerais en connaitre d’avantage; comme par exemple sur les métiers qui posent des problèmes ou pas aux dyslexiques! J’aimerais également savoir si le fait d’être dyslexique vous a causé des problèmes d’intégrations dans la société? Si d’autres informations sur la dyslexie vous viennent à l’esprit j’aimerais également pouvoir les partager.
    En vous remerciant.
    Choupinette

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  4. 3 wildy lapointe 14 avr 2009 à 1:30

    En réponse à Choupinette
    Métiers qui posent des problèmes aux dyslexiques ? Tout dépend à quel âge les problèmes de dyslexie t’affectent. S’ils sont liés à tes premiers apprentissages comme l’apprentissage de la lecture et de l’écriture ne pense pas aller en littérature, une dyslexie à cet âge, de toute façon te fermera les portes partout, puisqu’actuellement on exige des examens sur la maîtrise de l’écrit, qui sont conditionnels à ton acceptation à l’université.
    Mais une dyslexie qui se rapporte à l’apprentissage des mathématiques,ne nuiera pratiquement pas, puisqu’il te suffira d’obter vers les sciences humaine, domaine de l’écrit que tu maîtrise depuis ton début scolaire. Je peux aller encore plus loin, si ta dyslexie ne te donne pas l’oreille musicale tu feras comme tout le monde, plutôt de chanter tu écouteras la chanson des autres sans jamais souffrir de rien. Concernant les métiers favorables aux dyslexiques des premiers apprentissages, s’ils ont la chance de s’y rendre, ils seront des génies en mathématiques, en physique etc.
    Concernant l’intégration dans la société c’est semblable. Tout dépend de l’âge où la dyslexie t’affecte. Plus c’est tôt plus l’intégration sera difficile. Ces réponses te viennent d’un dyslexique qui après avoir entré en enfer à trouvé le chemin d’en sortir. Selon l’expression de Gandhi.

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  5. 4 athisha 14 avr 2009 à 7:44

    Merci à vous deux en tout cas de participer. En ce qui concerne ce qui affecte les dyslexiques dans leur intégration dans la société, je crois avant tout que cette différence malheureusement pour certain, fait perdre la confiance en soi et même l’estime de soi, il faut avoir du caractère et de la volonté pour assumer ce problème. Faire beaucoup de fautes d’orthographe, de confusion de mots, d’invertion de lettres, être très lent avec l’écrit et même avoir du mal à exprimer des idées claires oralement, être corrigé parce que vous avez dit, chaud au lieu de froid, bas au lieu de haut, esquive au lieu d’esquif (même si je suis contente que l’on me corrige ! lol ), écrit 13 au lieu de 31 etc… tout cela se répercute sur la personnalité et vous donne une grande envie d’isolement, vous n’avez plus confiance en vous, c’est très perturbant et décourageant. Le fait même de vous confronter aux autres devient pénible. Je crois que des études supérieures classiques sont grandement compromises. Personnellement j’ai opté pour des études artistiques, dans le dessin, je pense que j’aurai pu faire du théâtre aussi. Pour ce qui est des sciences, mon fils est assez brillant en mathématiques, toujours premier à l’école, au lycée aussi jusqu’à la première, parce que le système scolaire demande tout de même un esprit « scolaire » il faut écrire clairement, ordonner les résultats etc… et puis il arrive un palier difficile à franchir vers la classe de première je pense, parce qu’être dyslexique demande un effort de concentration bien plus élevé, une attention plus forte qui fatigue deux fois plus et pour peu que vous ne soyez pas trop bête, la lenteur que vous mettez à ordonner votre pensée par écrit ou par oral est tellement frustrante, que souvent vous préférez laisser tomber dés le départ et vous envoler ailleurs ! vers la réflexion intérieure peut-être, là où vous avez du temps, là où vous n’êtes pas jugé. Parfois j’en ai assez de me justifier sur le fait que je sois dyslexique devant les autres, mais c’est indispensable aussi. Souvent je ressens ma dyslexie comme un frein, un empêchement, un barrage, cela m’isole, c’est une infirmité quelque part, mon esprit ne réagit pas comme la moyenne, oui je me sens de travers, ralentie, souvent je n’ai nullement envie de me confronter aux autres. Et parfois quand je vois la facilité que certain ont pour écrire, s’exprimer, j’avoue j’en suis jalouse, j’avoue j’ai laissé tombé assez vite mes études scolaires, j’ai arrété en classe de première littéraire, et je me suis tournée vers le rêve, la solitude, l’imaginaire. En fait j’étais très mal dans ma peau. J’aurais aimé être bien ordonné, et pourtant la dyslexie m’a construite aussi, différente, curieuse d’autre chose, j’aime ma vie mais elle n’est pas « sociale », elle est retranchée, à l’abri, au calme.

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  6. 5 Wildy Lapointe 12 août 2009 à 3:44

    Bonjour Athisha
    Après avoir découvert ton site, j’ai beaucoup apprécié de le lire. C’est extraordinaire comment je me suis retrouvé dans les mots que tu utilisais, en cela je peux constater qu’il y a un commun dominateur entre nos formes de dyslexie. Ça m’a fait comprendre que la psychologie n’avait jamais étudié ce genre de profil, puisque dans les approches de la psychologie je ne me suis que très peu retrouvé. Mais en ton texte je me suis vu.
    Pour ma part depuis environ trois ans, j’ai fais comme toi. J’ai témoigné de mon difficile passé académique, publié à l’AQTA, dans le but de venir en aide aux plus jeunes qui en souffrent. J’aimerais te faire parvenir mon témoignage, mais sur cette espace de commentaire je ne sais pas si c’est possible ? Pour l’instant je termine et je vais tenter un copie-collé.

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  7. 6 Wildy Lapointe 12 août 2009 à 4:13

    Bonjour Athisha

    Je crois que le copie-collé à bien fonctionné, j’espère que le texte est complet. Avant mon témoignage il y a un autre texte que mis dans un autre journal.

    Ouvrir des horizons sur les difficultés d’apprentissage
    Par Wildy Lapointe, Roberval
    Article mis en ligne le 26 mai 2008 à 10:57
    Soyez le premier à commenter cet article
    Ouvrir des horizons sur les difficultés d’apprentissage
    Par Wildy Lapointe, Roberval
    J’ai récemment publié un témoignage dans la revue de l’AQÉTA (l’Association Québécoise des troubles d’apprentissage) sur mes années difficiles au primaire et au secondaire. J’ai partagé mon expérience gênante de ma dyslexie avec des gens de mon milieu : professeurs à la retraite, directeur de ville, maire, député, pour ne nommer que ceux-là. Tous m’ont dit que ce témoignage peut ouvrir des horizons capables d’aider des enfants en difficulté précoce d’apprentissage.
    Les jeunes ne doivent pas vieillir avec des troubles, même considérés mineurs, puisque ces troubles iront grandissants et deviendront insurmontables. Il nous faut réagir tôt.

    C’est l’expérience que j’ai moi-même tentée avec succès chez le cadet de mes garçons et le bilan financier pour la société est des plus favorables. Une fois diagnostiqué à l’âge de trois ans et demi, il n’a suffi que de 25 heures d’orthophonie réparties sur six mois pour irradier sa difficulté d’apprentissage, favorisant ainsi ses succès scolaires et lui donnant la possibilité d’exercer un véritable choix de carrière.

    Beaucoup de difficultés d’apprentissage sont familiales et ignorées. Ceux qui les portent se disent qu’ils ne sont pas bons, pas assez intelligents. Ce conditionnement provient du manque d’appoint en rééducation selon le besoin de chacun. Quand ces individus deviennent parents, ils se disent : « Mon gars est comme moi, pas trop bon à l’école ». Ainsi, la dyslexie peut se vivre de génération en génération, de décrocheur en décrocheur.

    La prévention vaut toujours mieux que le laisser aller. Puisque, pour un bon nombre, les enfants présentant de troubles d’apprentissage risquent, malgré eux, de se retrouver en délinquance avec tous les coûts qui y sont rattachés. Quant à leur rééducation, si elle prise à temps par le ministère de la Famille dans les CPE, elle coûtera si peu.
    ____________La réussite pour tous
    Voici le témoignage que j’ai publié dans la revue de l’AQÉTA.

    « Dans le but d’aider les enfants aux prises avec des difficultés d’apprentissage, j’ai accepté de témoigner de mon difficile passé scolaire et de la manière dont je m’en suis sorti. Je suis porteur génétique de la dyslexie. De ce fait, j’ai pu observer ce syndrome pendant trois générations : celle de mon père, la mienne et celle de mes deux garçons. Avant la naissance de mes enfants, je ne connaissais rien sur ce sujet. C’est grâce à la rétrospection que j’ai pu établir des corrélations. Alors que mes enfants étaient en bas âge, cette dyslexie familiale fut diagnostiquée par l’un des rares neurologues au Québec sensible au problème.

    Malgré le lien génétique qui les unit, les individus d’une même famille sont touchés de manières diverses. Dans cet article, je me limiterai au type de dyslexie dont je suis atteint, qui se caractérise par une difficulté à discerner les sons rapprochés agissant sur la parole, la lecture et l’écrit. Même à un âge avancé, il m’a été difficile de m’exprimer, puisqu’il m’était impossible d’émettre nombre de phonèmes de la langue parlée. De plus, l’étonnement de mon entourage m’intimidait au point de me replier sur moi-même. Je suis devenu silencieux, me parant ainsi de la surprise de mon entourage.

    Avant l’adolescence, j’ai très peu parlé; de ce fait, je n’ai pas acquis convenablement les rudiments de la lecture et de l’écriture. À la fin de ma première année scolaire, je n’avais pas atteint les acquis nécessaires; toutefois, selon l’expression du temps, je passais à la deuxième année « par charité ». Au terme de cette seconde année, mes résultats n’étaient plus acceptables et je fus confronté à l’échec. Puisqu’à cette époque, les difficultés d’apprentissage n’étaient relativement pas connues et que les rééducateurs en ce domaine étaient rares, mes années au primaire furent pénibles. Heureusement, pour quelques matières telles la géographie et l’arithmétique, je réussissais en procédant par déduction, sans avoir recours à l’écrit.

    Évidemment, j’étais conscient de mes lacunes. Je n’en connaissais pas la source, et mes éducateurs non plus. Ces événements se sont déroulés voilà plus de 50 ans. Mais dans mon for intérieur, j’étais persuadé qu’une aide extérieure, si minime soit-elle, aurait pu vaincre mes difficultés. Hélas, je ne l’ai jamais reçu.

    À la maison, mes parents recevaient la revue Sélection du Reader’s Digest, et malgré mes difficultés en lecture, à l’âge d’environ huit ans, j’étais fasciné par ces signes d’écriture qui formaient des mots en se juxtaposant. Je me rappelle même avoir songé que le plus grand des génies devait être celui qui avait inventé l’écriture. J’appréciais cette revue en raison de ses textes courts, dont je repérais ceux qui ne s’étendaient que sur deux ou trois pages. Je les lisais et les relisais péniblement, mot à mot, et j’en dégageais alors des idées qui m’intéressaient. J’appréciais y découvrir de nouveaux mots que j’affectionnais. Je me construisais ainsi un lexique dans un petit calepin. Pour chaque mot, je consultais péniblement un grand dictionnaire qu’en temps normal, j’aurais été incapable d’utiliser. Mais par la combinaison des lettres sous mes yeux, il m’était possible de repérer dans la liste alphabétique du grand dictionnaire le mot retenu dans la revue. Dès que j’avais retracé ce mot, j’en lisais toutes les définitions, recherchant celle qui s’accordait le plus avec son contexte dans ma lecture et soigneusement, j’en transcrivais la définition dans mon calepin. Ainsi, pendant plusieurs mois, j’avais élaboré un dictionnaire personnel avec des mots que je n’avais jamais entendus à l’école et cela me fascinait. Fait surprenant, en secondaire 1, un professeur lisant à n’en pas douter cette même revue, demandait parfois à la classe : « Connaissez-vous ce mot? » et j’étais le seul élève en connaissant le sens. C’est ainsi qu’un dyslexique peut confondre son professeur. « Comment est-il possible que lui seul, le plus médiocre des élèves, connaisse la bonne définition? »

    Au secondaire, j’ai étudié des matières comme les mathématiques, la géométrie, l’histoire, la chimie et la physique; je réussissais très bien dans ces sciences, mais j’échouais dans le français et ses matières connexes. Les professeurs connaissant mal l’univers du dyslexique, ils évaluaient

    mon bulletin alors noté en pourcentage des connaissances acquises, et observaient des écarts énormes entre les différentes matières. Pour eux, c’était inconcevable. Un enfant intelligent se devait de présenter un bulletin homogène et cohérent, affichant pour toutes les matières de bonnes notes. Cette inaptitude à expliquer de tels écarts témoigne bien d’une profonde méconnaissance de la dyslexie. Comprenant mal mon vécu, les enseignants m’ont jugé tantôt inintelligent, tantôt paresseux, et finalement tricheur.

    Mais dans certaines matières, il m’est bien arrivé d’être le meilleur de ma classe. À l’époque, un même titulaire pouvait parfois suivre sa classe pendant trois ou quatre ans. Il pensait connaître ses élèves, mais il ne se doutait pas qu’un dyslexique puisse se rééduquer lui-même, d’où la succession de préjugés dont j’ai été victime.

    J’ai fait preuve d’une grande persévérance puisqu’à ce moment, le cycle secondaire était réparti en trois niveaux, que j’appellerais les niveaux faible, moyen et fort, afin de mieux contourner les changements pédagogiques qui ont suivi. Après l’échec du primaire, je suis passé au niveau faible du secondaire; ensuite, après certains progrès dans mes études scolaires, j’ai accédé au niveau moyen, pour terminer au niveau fort. Mais malheureusement, à mon arrivée au cégep, le choix d’une carrière s’est imposé à moi trop rapidement. La difficulté que j’éprouvais en français était omniprésente et je me sentais incapable de parvenir aux études universitaires. J’ai alors opté pour un diplôme d’études collégiales dans le domaine du diagnostic en santé.

    Au cours de mes années professionnelles, j’ai rencontré d’autres travailleurs possédant mon niveau de formation collégiale qui, bien que n’éprouvant aucune difficulté d’apprentissage, ont renoncé à consulter les livres dès leur sortie du cégep. Leurs aptitudes en lecture et en écriture ont régressé. Quant à moi, j’ai toujours ressenti la soif d’apprendre. Les livres sont devenus les compagnons de ma vie, atténuant ainsi mes difficultés d’expression. Au travail quelquefois, on faisait appel à moi quand venait le temps de structurer un texte et je devançais même de telles demandes avec plaisir. De nature ou par formation, ma pensée est plutôt analytique : les textes de nature technique ne me font pas peur. À la demande des ingénieurs d’une entreprise, il m’est déjà arrivé de livrer mon appréciation de différents appareils. Après rédaction de mon analyse sur quelques pages, j’ai soumis mes arguments. Dans un cas bien précis, mon estimation a poussé de hauts administrateurs à refuser une commande évaluée à près d’un demi- million de dollars. Les représentants des deux compagnies concurrentes pour la soumission ont insisté pour obtenir copie de mon argumentation. C’est ainsi qu’à maintes reprises, ma maîtrise si laborieuse de l’écriture m’est venue en aide. Il serait ici fastidieux de les nommer toutes.

    Au début de cet article, j’ai promis de limiter mon témoignage au seul type de dyslexie que j’ai vécu. Chez le cadet de mes garçons toutefois, j’ai rapidement décelé les limites dont je souffrais à son âge. Alors qu’il n’avait que trois ans et demi, j’ai eu pour lui recours à un orthophoniste pendant près de six mois, à raison de séances d’une heure par semaine. De telles consultations ont suffi pour corriger son handicap. Ensuite à l’école, il a toujours bien vécu l’enseignement de ses éducateurs. Manifestant beaucoup de reconnaissance, il a obtenu de bons résultats scolaires. Dans la vie, il se montre généreux de sa personne. Actuellement, à l’université, il aborde une maîtrise en sociologie. Dans ses loisirs, il vient en aide aux jeunes scouts à titre d’animateur. La dyslexie peut-elle se diagnostiquer tôt? Bien sûr! Quant à sa rééducation, peut-elle se faire avant l’âge préscolaire? Ici encore, la réponse est oui!

    Sur les bancs de l’école, il est possible de radier la problématique des enfants en difficulté d’apprentissage. Entendons-nous bien : il s’agit d’enfants doués qui échouent en raison de limitations semblables aux séquelles d’un accident vasculaire cérébral chez l’adulte. Qu’attendons-nous pour agir?

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  8. 7 athisha 12 août 2009 à 9:36

    Merci Wildy, c’est en témoignant que nous pourrons aider les personnes comme nous à sortir de leur isolement et puis comme je l’ai écrit plus haut et ton parcours me le prouve aussi, nous sommes différents et j’aime le voir comme un enrichissement, une façon de voir les choses qui peut apporter de nouvelles expériences, tu le dis dans ton témoignage, ta pensée analytique est une force ! j’ai aussi un esprit d’ »analyse » pas trop mauvais, on me demandait presque toujours de faire les résumés de texte à l’école, j’étais l’une des meilleures pour cela, « très bon esprit d’analyse », écrivait-on sur mes bulletins, j’arrivais à voir l’essentiel très vite. Pour ce qui est de la prise en charge des enfants très tôt c’est une évidence, ma fille a été prise en charge en maternelle (4 ans, à ma demande à cause de l’expérience vécue avec mon fils) par une orthophoniste ce qui l’a aidé à passer le cap de la lecture et de l’écriture facilement contrairement à mon fils qui n’a été dépisté que plus tard, parce qu’il était très bon à l’école, toujours premier et à l’aise, personne n’avait vu son problème, c’est quand l’écrit est devenu plus important en CE2 que ce fut une évidence et que je n’ai pu que constater que c’était « héréditaire » ! ma maman certainement est dysléxique, c’est après que je m’en suis rendue compte, elle a eu des problèmes à l’école très importants avec l’orthographe et n’a pas poursuivi ses études jusqu’au bac, elle s’est mise au dessin et est devenue une très brillante dessinatrice de bijoux. Mais aujourd’hui je constate sa dysléxie dans sa manière de réfléchir aussi, identique à la mienne, qu’elle tient probablement de son père qui lui aussi avait eu des problèmes à l’école et avait fini par s’orienter vers la chimie et la création de produits de maquillages ! mais dans le passé on ne connaissait pas ce problème et cela avait moins d’importance en fait, pas besoin de diplomes pour réussir, c’était moins important qu’aujourd’hui. Ce qui m’horripile le plus c’est quand j’entends encore de la bouche de certain que ce problème n’existe pas, et qu’il est pour eux similaire à de la bêtise !

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  9. 8 Wildy Lapointe 12 août 2009 à 20:21

    ReBonjour Athisha
    En effet c’est en témoignant, que des avancées peuvent se faires, afin de convaincre les plus septiques que nous ne sommes pas des gens bêtes.
    Le mot dyslexie donne un consept beaucoup trop vaste pour nous catériser. Il faudrait que les spécialistes en ce domaine dissèquent ce mot pour en venir à une nomenclature plus élaborée dont les expressions seraient beaucoup plus claires. Mais cela demande une compréhension de tout ce que l’on qualifie de dyslexique.
    Il est évident que ce que nous exprimons dans ce blog n’est pas du domaine de l’acquis. Comme certain qui se disent dyslexiques n’ont pas appris à lire du fait qu’à la maison ces gens se retrouvaient avec trop de violences de la part des parents. Pour fuire cette violence, à l’âge où ils auraient dû apprendre à lire, ils préféraient aller au gymnasse pour exceller dans un sport. On pourait dire qu’ils ont une dyslexie acquise, mais en somme ils n’ont qu’évité l’apprentissage de la lecture pour se diriger vers un sport oû ils excellaient.

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  10. 9 athisha 13 août 2009 à 8:49

    Et puis qualifier la bêtise tout comme l’intelligence est quelque chose de tellement subjectif aussi, mis à part de grands savants, des artistes, je pourrais aussi parler de grands humanistes, car faire preuve d’humanité, de compréhension, de compassion est aussi une marque d’intelligence, peut-être la plus grande. je connais des personnes très cultivées et brillantes scolairement extrêmement « connes » humainement ! mais je ne suis pas non plus totalement objective comme tout le monde ! Lol !
    Et puis pour ce qui est de la soi-disant bêtise des dyslexiques, il n’y a qu’à se référer au personnes célèbres dites dyslexiques, pour se rassurer, nous sommes en bonne compagnie je crois ! lol !

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  11. 10 stella-cadente 13 sept 2009 à 19:54

    Merci pour cet article, je me suis reconnu dans beaucoup des signes du dyslexique. Je sais pourquoi aujourd’hui disons avec certitude pourquoi je me suis toujours sentie moins bien que la plupart des gens.
    J’etais nulle a l’ecole et j’ai failli finir sur une voie de garage, mais je suis tres perseverante. J’ai fait un bac pro comptabilite et un bts comptabilite. Apres une premiere annee reussi j’ai abandonne car je n’aimais vraiment pas la comptabilite. je suis allee en italie pour un an en tant que jeune fille au pair. aujourdhui je suis bilingue italien.
    j’ai repris mes etudes j’ai prepare en concommittence une licence aes et un diplome d’etat d’educateur de jeunes enfants. Ja’i toujours etait feignate dans les etudes, c’est-a-dire que je faisais le minimum de travail. J’ai reussi, mais c’est sur que je n’eatit pas la meilleure eleve. maintenant je pense a faire un master. j’ai besoind de me prouver et de prouver aux autres que je ne suis pas stupide mais ca ne marche pas. Je suis plutot jolie alors on me dit toujours que je suis belle et jamais autres chose et moi je me sens encore plus stupide. c’est un peu comme si les gens me confirnent que j’ai raison de me sentir bete. Mon copain est tres intelligent, il a toujours obtenu des super notes a l’ecole et sans faire beaucoup d’effort. il lit enormement et comprend tout tres vite. je me sens moins intelligente et cultive que lui. lui aussi me le fait sentir parfois. pourtant au fond de moi je sais que je suis intelligente mais je sais que je ne suis pas aussi intelligente et cultive que lui. Est-ce un probleme pour une vie de couple harmonieuse? suis-je moins bien que lui?

    Répondre

  12. 11 athisha 15 sept 2009 à 9:50

    Bonjour Stella-cadente !
    Alors tout d’abord bravo pour ta persévérance, tu vois ça marche !
    Et puis non tu n’es pas moins intelligente que les autres parce que tu es dyslexique et l’intelligence ne se mesure pas qu’avec la réussite scolaire crois-moi, je connais des personnes qui ont réussi scolairement et que je trouve vraiment nuls humainement etc et le contraire… avoir un esprit scolaire n’est pas une preuve d’intelligence en soi, d’ailleurs je ne sais toujours pas dire ce qu’est l’intelligence, c’est une notion vague pour moi, à part certains grands esprits qui sont une évidence, le reste de la moyenne des gens reste dans le vague. Et surtout ne pas confondre culture et intelligence, même si se cultiver est tout de même une preuve d’intelligence ! personnellement j’aime découvrir des artistes dans tous les domaines c’est un vrai besoin chez moi, une quête en quelque sorte, sauf que j’ai le plus grand mal à ordonner tout ça, les noms, les dates se mélangent, cela donne un espèce d’énorme bazar, mais j’aime ce bazar en fait et si je mélange un peu tout ça j’en sors beaucoup de choses qui me servent je pense pour créer, je puise là où peut-être ça n’est pas évident pour quelqu’un d’ordonné, tu vois ce qu’il ne pas faut c’est te dire je suis dyslexique et je suis donc inférieure à ceux qui ne le sont pas, non, ce qu’il faut voir c’est la richesse de ta différence, si ton esprit fonctionne différemment tu es plus riche que la moyenne des gens parce que cela t’a construit avec d’autres fonctionnement, et la différence c’est quelque part beaucoup plus intéressant !
    J’ai comme toi un compagnon cultivé qui a beaucoup de facilité pour apprendre, je cois que ça n’est pas un hasard, c’est juste que l’on se complète bien comme ça, lui il retient bien les noms, les faits, les dates, il est précis, logique, il me recadre et j’en ai besoin, par contre il manque certainement de fantaisie, de légéreté, d’un esprit inventif, c’est je pense ce que je lui apporte.
    Et pour moi l’important dans une vie de couple ne se situe pas là, je crois bêtement que le plus important dans un couple c’est en premier lieu une entente physique, une histoire de « peau » quoi ! et là je suis très terre à terre, hein ! lol ! le reste suivra et surtout ne te sous-estime pas de la sorte, fais de ta différence une richesse !
    Bises

    Répondre

  13. 12 manuel 15 sept 2009 à 14:29

    bonjour, bien que n ‘etant pas dyslexique(ou alors si je suis affecté par cette spécificité, elle est attenuée), je me permets de joindre un commentaire.
    tout d ‘abord je suis assez admiratif de la perséverance dont vous avez fait preuve pour surmonter vos difficultés.
    ceci est flagrant lorsqu’on lit vos messages,car en toute honneteté,il faut vraiment etre un puriste de la langue francaise pour considérer que vos facultés d ‘expression sont insuffisantes.
    en effet, vous disposez d un niveau de vocabulaire tout a fait honorable,que de nombreuses personnes vous envieraient.
    de plus, je trouve que vous disposez d ‘un esprit critique tout à fait satisfaisant, qui est nettement supérieur à la moyenne.
    Pourtant, j ai l’impression en me référant à certains de vos propos que vous doutez toujours de votre aptitude à vous exprimer convenablement par écrit aussi bien en ce qui concerne la formulation des phrases qu’au niveau de la clarté des idées développées?
    n ‘avez vous pas le sentiment de sous estimer vos capacités d ‘expression et par la meme de rester imprégner de certains jugements professoraux dépréciatifs émis à votre encontre?
    .
    une petite question à wildy la pointe, dont la qualité de rédaction ne peut pas à priori laisser envisager à son lecteur l ‘existence d ‘une dyslexie;a quel age etes vous parvenus à bien maitriser la langue écrite?
    en ce qui concerne stella cadente, je souhaiterais lui dire qu’elle doit se départir (meme si je sais que ceci est difficile)du sentiment d ‘infériorité qu’elle a pu avoir dans l’enfance, ne serait ce qu’en analysant avec objectivité sa situation personnelle.
    en effet, tu as obtenu un diplome d ‘etudes supérieures , tu vis a priori avec un homme très intéressant, tu as de bonnes aptitudes intellectuelles et chose très importante tu possèdes une indéniable curiosité intellectuelle.
    alors, meme si tu as mis un peu plus de temps que d ‘autres pour y parvenir et en dépit des quelques difficultés d ‘apprentissage auxquelles tu peux etre confrontée, ne crois tu pas que de nombreuses personnes aimeraient etre à ta place?
    je pense que tes propos que je peux tout à fait comprendre,démontrent que les dyslexiques, les dys en général dont je fais partie puisque je suis quasiment certain d ‘etre dyspraxique,et plus globalement l ‘ensemble des individus quelles que soient leurs caractéristiques sociales et intellectuelles, sont trop conditionnés par un esprit de comparaison avec autrui, ce qui s ‘explique facilement dans la mesure ou notre système éducatif exacerbe la compétition, la concurrence entre les élèves dès le plus jeune age
    il en résulte inéluctablement une tendance à la dévalorisation de soi lorsque l’on présente des spécificités qui obérent nos performances dans certains domaines.
    or, les dys ne doivent pas etre complexés, mais devraient plutot etre fiers de leurs particularismes, d ‘autant plus que ceux ci leur conférent au moins autant d ‘atouts que de désavantages.malheureusement, l’institution scolaire et plus globalement la société se focalisent sur leurs incapacités et leur attribuent le statut d ‘handicapé, ce qui constitue à mes yeux une aberration.

    Répondre

  14. 13 mimi 15 sept 2009 à 15:45

    mais oui je lui dis qu’elle se sous estime tout le temps mais je crois que ça fait parti de sa psychologie. je précise que je ne suis pas le mari d’athisha mais un ami lol ! et je voulais rajouter qu’athisha est une des personnes qui m’a le plus apporté dans la vie.en dehors de mon cercle familiale, il n’y en a que deux personnes qui comptent vraiment à mes yeux et athisha en fait parti.

    personnellement je suis une personne extrèmement critique d’un point de vue intellectuel et athisha ne m’a jamais déçu. en fait je ne l’ai jamais perçu comme quelqu’un de dysléxique.à la lire s’exprimer sur ce sujet, j’ai l’impression de la connaitre un peu mieux car parfois il ya comme des blancs ds la communication lol! en fait je me rends compte qu’elle n’a pas de hierarchisation lol ! Athi tu ne m’as jamais paru bête mais tu m’as plutôt désarçonné lol ! je te comprends mieux même si tu me l’as assez dit mais parfois c’est bien de te voir le dire à d’autres personnes que moi, ça devient plus concret lol !

    autre chose athisha est quelqu’un de très cultivé seulement j’ai du mal à la suivre aussi lol ! encore que moi je suis persuadé d’être pareil qu’elle de ce point de vue là.nous sommes boulimiques pour tout ce qui touche à l’Art je crois mais chacun à notre manière.

    et pour finir c’est une personne extrèmement inspirée et créatrice et là je me sens extrèmement inférieur à elle et j’en suis jaloux lol ! je ne veux pas l’embarraser ni la comparer aux grands esprits artistiques mais il me semble que ce sont ces choses là qui font d’elle sinon une artiste, un esprit artistique, ce qui est rare. nous sommes tous des vampires , athisha elle insuffle du sang et de la vie dans ce qu’elle fait.

    Répondre

  15. 14 athisha 17 sept 2009 à 15:09

    Je suis très touchée de ton message mimi, tu n’es pas « mon mimi » par hasard !lol ! cela m’embarrasse un peu si ! lol ! je pense qu’en lisant les divers témoignages ici tu dois un peu mieux comprendre ce qu’est la dyslexie et peut-être même pourquoi je peux te sembler confuse souvent dans mon discour ! et que cela est une souffrance aussi, même si personnellement j’en ai fait un terrain de découverte et de jeu ! lol ! et je ne saurais dire non plus si sans ce problème ma vie aurait été différente ! en tout cas je suis certaine que cette différence a engendré chez moi une espèce de boulémie cuturelle, un état casi compulsif de recherche, sous forme de notations, de dessins, une accumulation d’écrits et que cela donne beaucoup d’intérêt à ma vie ! En tout cas je peux te renvoyer le compliment et te dire ici aussi combien tu comptes pour moi (tu le sais déjà !), que « tes goûts » sont une richesse où je puise souvent, que je suis aussi une « vampire » je me nourris beaucoup de toutes tes découvertes ! enfin bref, c’est bon de te savoir là !

    Répondre

  16. 15 athisha 17 sept 2009 à 15:25

    Manuel,
    Merci de ton commentaire et je pense comme toi qu’il faut être fier de nos « particularismes », cependant comme tout particularisme il n’est pas évident à vivre, d’autant plus que nous savons combien compte la réussite scolaire dans notre société, que là se tient souvent le jugement des autres, être en échec scolaire c’est la plupart du temps assimilé au fait d’être « idiot, bête etc…  » pas évident d’avoir confiance en soi avec un tel jugement collé au cul, il faut bien le dire, perso j’ai lâchement contourné le problème en abandonnant mes études avant le bac général avec un 13,50 au bac français ce qui me laissait l’avantage de ne pas être jugé ! lol !
    j’ignore ce qu’est la dyspraxie, je vais aller me renseigner !

    Répondre

  17. 16 manuel 17 sept 2009 à 21:54

    bonsoir athisa.je comprends tout a fait ton point de vue,puisque la france en effet est un pays qui se caractérise par un culte du diplome poussé à son paroxysme.toutefois,je ne pense pas que la dyslexie soit synonyme d ‘échec scolaire inéluctable.un nombre croissant de dys parviennent à accomplir des études supérieures longues.vous meme n ‘etiez pas en échec scolaire si vous etes parvenus jusqu’en 1 ère littéraire .sinon, comme je vous le disais dans mon message de mardi, votre niveau d ‘expression écrite est honorable, et ne laisse pas penser que vous puissiez etre dyslexique.

    Répondre

  18. 17 athisha 20 sept 2009 à 20:32

    Merci Manuel, mais c’est au prix de beaucoup d’attention, si je suis fatiguée par exemple mon écrit devient beaucoup moins « honorable » ! lol !
    Je suis en train de lire en ce moment une autobiographie d’Agatha Christie, et effectivement certaines choses font penser qu’elle était dyslexique, la lenteur, les fautes d’ortho, hors elle avait développé une forte imagination dans son enfance, enfance extrêmement aisée et riche en découverte, sa soeur et son frère avaient plus de facilités scolaires et de rapidité, sa mère aussi, la barre était placée très haut, et bien la petite Agatha ne s’en est pas assombrie pour autant, elle a poursuivi sa voie avec les histoires qu’elle aimait se raconter ! tout ceci pour dire qu’effectiement on peut toujours s’en sortir ! lol !

    Répondre

  19. 18 manuel 20 sept 2009 à 21:00

    bonsoir athisha j’ignorais cette caractéristique d ‘agatha christie, mais comme vous l ecrivez dans votre conclusion rien n ‘est impossible.je comprends la fatigue que vous pouvez parfois ressentir suite à la rédaction d ‘un texte.en ce qui me concerne, je dois aussi faire preuve de plus de concentration et d ‘attention que certaines personnes afin de bien rédiger, meme si je ne crois pas pour autant etre dyslexique .ainsi, lorsque j’ai passé des concours, je me souviens très bien que j ‘etais littéralement épuisé après les écrits.toutefois, il me semble que cette grande fatigue résultait avant tout de l ‘effort qu’impliquait pour moi la nécessité d ecrire lisiblement, dans la mesure ou je suis quasiment certain d ‘etre dysgraphique et dyspraxique.lorsque je suis amené a exprimer oralement des pensées complexes il m’est également impératif d ‘etre totalement concentré sur mon discours afin de formuler clairement mes idées et d employer un vocabulaire approprié, c ‘est une des raisons pour lesquelles j ‘ai fini par m’apercevoir que le métier d ‘enseignant ne me convenait pas.

    Répondre

  20. 19 stella-cadente 21 sept 2009 à 15:42

    Je viens de lire tous vos commentaires et je vous en remercie surtout athisha et manuel. Je suis reellement touchee que vous ayez repondu a mon commentaire. Ca fait du bien de savoir que l’on est pas seule a se sentir inferieur aux autres, juste a cause d’un probleme de DYS.
    Je ne sais pas si je suis en mesure aujourd’hui d’etre vraiment fiere de mon parcours et de moi-meme. Je sais que j’ai fait du chemin mais j’aurais tellement aime avoir des facilites intellectuelles et etre un petit genie.
    Mon copain est tres intelligent et j’avoue que l’envie parfois. Par ailleurs, je sens qu’il sent que je ne suis pas comme lui. Je dois prendre confiance en moi si je veux qu’il ai aussi confiance en moi et en mes capacites.
    Qu’est-ceque c’est difficile!!!
    Toute ma vie a ete conditionne par mes difficultes scolaires et par ma dyslexie. Oui mon frere disait que jetais un ane, et mes professeurs n’etaient pas tres elogieux a mon egard. Comment faire pour se sentir aussi bien que tout le monde. Je sais que je ne suis pas tres cultivee. Je lis beaucoup mais lentement et ma memoire n’est pas bonne. Quelqu’un peut-t’il me donner des conseils pour ameliorer ma memoire. Je n’arrive jamais a  »etaler » mes connaissances et pourtant je sais que j’en ai. J’aipeur de ne pas etre a la hauteur et comme ma memoire n’est pas assez bonne…
    Nous vivons dans un monde ou le fait d’etre surdiplone, intelligent et cultive et tres important. je ne peux pas vivre en faisant abstraction de cela.
    J’ecris avec un clavier QWERTY donc il n’y a pas d’accents, ce n’est pas volontaire.LOL
    Stella-cadente

    Répondre

  21. 20 manuel 22 sept 2009 à 14:39

    bonjour stella cadente.je peux comprendre ce que tu ressens, mais le fait d ‘avoir obtenu des diplomes de l’ enseignement supérieur ne te donne t il pas tout de meme un peu confiance en toi?

    Répondre

  22. 21 wildy lapointe 4 oct 2009 à 8:51

    En réponde à Manuel
    Ma maîtrise de la langue écrite s’est faîte tardivement, à environ 45 ans. C’est arrivé de manière spontanée. Depuis lontemps j’avais mis de coté l’écriture puisque je n’y arrivais pas.
    Parcontre je lisais beaucoup toujours en m’efforçant de choisir les auteurs les plus pragmatiques, sans jamais aller vers les auteurs que l’on nomme du nouvel âge. Sans m’en rendre compte leur manière d’écrire s’est incrustée en moi. Mes lectures portent beaucoup sur la Physique, les Mathématiques, l’Astrophysique, en somme sur tout ce qui est de nature fondamentale. À cela je rejoins les anciens dans leur quête de spiritualité par la connaissance de notre Monde. Avec en plus les acquis de la science moderne, c’est palpitant de se sentir en communication avec des Nobels en science et surtout partager l’effort de compréhension qu’ont eu les civilisations d’avant nous.
    Oui la spiritualité est très forte en moi et je la vis à chaque fois que je me plonge dans un livre de science.
    Pour conclure j’écris comme j’ai lu.

    Répondre

  23. 22 wildy lapointe 4 oct 2009 à 18:33

    J’ai le goût d’ajouter un peu à mon dernier commentaire.
    Le plus grand drame qui me vient de la dyslexie, est que j’ai manqué le train de la vie. Mes acquis, sans rééducation sont arrivés trop tard. J’ai été exclue du domaine académique supérieur. Mais avec les bases acquises à un niveau inférieur je me suis donné un loisir parallèlement à un travail qui ne m’était pas destiné.
    Moi aussi j’ai souffert de ne pas croire que j’étais intelligent et j’ai toujours trouvé difficile en tant qu’adulte, lorsque je me réalisais, de me faire dire « tu es intelligent ». Aujourd’hui ma vie professionnelle est derrière moi, je l’ai vécu difficilement à petit salaire et avec beaucoup de morosité. Aujourd’hui à la retraite, il m’est plus facile de vivre avec peu et de poursuivre mon loisir préféré. Probablement que je n’arriverai à rien dans mon domaine de prédilection.
    Tout ce que je demande actuellement c’est vingt cinq ans de bonheur, dans ma recherche de compréhension.
    Je trouve chanceux ceux qui possèdent un diplôme universitaire, qui leur donne le droit de s’exprimer. Sans un tel diplôme on est très peu crédible pratiquement sur tout les plans, bien que de façon autodidacte nous avons des connaissances. Là où je suis rendu dans la vie je me sens fatigué, il ne me reste qu’à me reposer et rêver.

    Répondre

  24. 23 april assurance 27 oct 2009 à 10:15

    j’ignorais cette caractéristique d ‘agatha christie, mais comme vous l ecrivez dans votre conclusion rien n ‘est impossible.je comprends la fatigue que vous pouvez parfois ressentir suite à la rédaction d ‘un texte.en ce qui me concerne,

    Répondre

  25. 24 athisha 28 oct 2009 à 8:46

    Wildy, rêver est la plus belle des choses, je ne crois pas que tu doives regretter quoi que se soit à ta vie, il faut justement profiter de celle çi, regretter de ne pas avoir fait la carrière que l’on aurait aimé faire je peux le comprendre, mais la vie toute simple est aussi extraordinaire en elle même, c’est peut-être aussi un manque de reconnaissance qui te fait réagir comme cela, je ne pourrais te dire qu’une chose, vas de l’avant, oses, vis, rêves, écris, exprimes toi !
    oui rien n’est impossible comme le dit april Assurance et le prouve Agatha Christie par son parcours !

    Répondre

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